rencontres-philo

Peut-on juger de la beauté ?

avec Carole Talon-Hugon, professeur à l’université de Nice, présidente de la Société française d’esthétique.

en raison de la fermeture provisoire de la médiathèque de Sion: rencontre-philo sur notre site en décembre 2020. 

Nous prononçons constamment des jugements affirmant la beauté ou l’absence de beauté d’un paysage, d’un visage ou d’un tableau, mais de tels jugements sont-ils légitimes ? Si le beau, comme a conduit à le penser le grand mouvement de subjectivation de la modernité n’est affaire que de plaisir et de goût, ne faudrait-il pas se contenter de dire que ce paysage, cet objet ou ce visage nous sont agréables ? Pourtant, comme l’a bien pointé Kant, toute évaluation de la beauté d’un objet contient une étrange prétention à l’universalité. Que signifie cet entêtement à faire comme si la beauté était une propriété de l’objet ? On montrera comment la réponse à ces questions suppose une distinction préalable des différents sens dans lesquels le mot « beau » peut être entendu.

SAISON 2019-2020: ECOLOGIE ET DEVELOPPEMENT DURABLE

EPISODE 4:

Ecologie intégrale et économie permacirculaire: une utopie pour le XXIe siècle

avec Dominique Bourg, prof. honoraire à l’université de Lausanne.

Médiathèque de Sion, mardi 29 mars 2020, 18h15 – 19h30. 

Je rappellerai brièvement quelle est la situation à laquelle nous devons faire face, laquelle légitime le passage à une économie permacirculaire.
J’indiquerai en quoi une économie permacirculaire se distingue d’une économie circulaire et ce qu’exigerait en termes institutionnels et anthro- pologiques une telle économie.

EPISODE 3:

Ubérisation, micro-travail, intelligence artificielle : la servitude 2.0 ?

avec Karim Amellal, Enseignant à Science Po, Paris.

Médiathèque de Sion, mardi 3 décembre 2019 18h15 – 19h30.

Uber, Airbnb, Amazon Mechanical Turk ou Deliveroo : ces gigantesques plateformes se présentent comme des acteurs disruptifs, voire révolutionnaires. Nourries par des algorithmes et de l’intelligence artificielle, elles prétendent remplacer l’ancien monde au nom de la modernité, de la technologie, du confort. Pour décrire ce phénomène, on utilise souvent un néologisme : l’ubérisation. Que signifie-t- il ? Que recouvre-t-il ? Et surtout, quelles sont les conséquences qu’il induit ? En réalité, derrière les discours lénifiants du « progrès » et de la « facilité » se dissimule un capitalisme technologique féroce qui apporte de nouvelles formes de servitude et heurte de plein fouet nos acquis sociaux. Cependant, face à cette « révolution » qui s’apparente davantage à un retour au 19ème siècle, des résistances apparaissent, aussi bien des collectivités publiques que des citoyens qui, au nom de la solidarité et du bien commun, s’emparent de la technologie pour la remettre à notre service.

EPISODE 2:

L’homme et le cosmos: le point de vue antique

avec Luca Pitteloud, professeur de philosophie antique à l’Université Fédérale de l’ABC à São Paulo.

Médiathèque de Sion, mercredi 4 septembre 2019 18h15 – 19h30.

Dans le Timée, Platon nous offre l’expérience de pensée suivante : imaginons que l’univers soit le produit d’un artisan divin, le Démiurge, dont l’objectif principal est la mise en ordre d’un état chaotique initial. Les premières pages du discours de Timée exposent les réflexions du Créateur de l’univers. Afin que son travail mène au meilleur résultat possible, le Démiurge prend la décision suivante : l’univers sera un vivant unique composé d’une âme et d’un corps. C’est au moyen de cet étrange présupposé que Platon démontre en quoi le cosmos est le plus beau des mondes possibles.
Dans cette présentation, nous essaierons de dévoiler non seulement quelles sont les conséquences, mais aussi les limites du mythe vraisemblable mis en scène par Platon, en particulier en ce qui concerne notre rapport actuel à la beauté du monde. Comment Platon justifie-t-il cette beauté ? Comment expliquer dès lors la laideur dans le meilleur des mondes ? Enfin, quelle est la place de l’homme dans ce monde qualifié, dans les ul- times lignes du récit, de « dieu sensible, dans toute sa grandeur, sa bonté, sa beauté et sa perfection, ciel unique qui est le seul de son espèce ».

EPISODE 1:

Le transhumanisme, ou comment la technique a-t-elle conditionné notre rapport au monde ?

avec Maxime Crettex, étudiant au Lycée-collège des Creusets, Sion; prix du meilleur travail de maturité en philosophie 2019.

Médiathèque de Sion, mardi 7 mai 2019, 18h15 – 19h00.

Et si la technique, communément définie comme le moyen de réalisa- tion de l’idéal cartésien de confort, s’avérait être tout à la fois un vecteur de l’histoire, une condition de notre relation à la nature, un concept phi- losophique aux enjeux cruciaux, l’expression du prométhéisme humain et une menace totalitaire ? La question de la technique et du progrès se révèle en réalité rentrer en résonance avec la condition humaine, sa relation à Dieu, l’omnipotence de sa raison et l’imminence de son règne absolu sur le vivant. Ces concepts philosophiques sont aujourd’hui sous-jacents à de nombreux débats de sociétés, relatifs à l’éthique de la vie, du corps, de la mort et de l’environnement.

Les procès Galilée: enjeux historiques, philosophiques et théologiques

avec Domenico Collacciani.

Médiathèque de Sion, jeudi 14 mars 2019, 18h15 – 19h30.

Domenico Collacciani est docteur en philosophie (Université de Caen – La Sapienza, Roma). Après avoir étudié à l’École pratique des Hautes Études (programme research in Paris) et à l’ENS Paris (Labex TransferS, marie curie cofund) est actuellement attaché temporaire d’enseignement et recherche à l’université Paris Sorbonne. Il est spécialiste de l’histoire de la philosophie et des sciences au XVIIe siècle. Ses recherches récentes portent sur la réception de la philosophie cartésienne, sur l’enseignement des mathématiques dans les collèges jésuites et sur l’œuvre de B. Spinoza.

La conférence porte sur la question bien connue des procès et des condamnations dont Galilée a fait l’objet entre 1616 et 1633. On retracera les étapes des événements afin d’essayer de donner une réponse à la question suivante :  « Pourquoi l’église romaine a-t-elle voulu censurer le savant pisan ? ». En retraçant la genèse du conflit s’établissant entre la science nouvelle et les savoirs traditionnels nous éluciderons les raisons pour lesquelles les recherches de mécanique et les observations par la lunette astronomique ont pu bouleverser les consciences des contemporains. Il en résultera l’image vive d’un aspect fondamental de la culture italienne. L’imbrication de science, religion et politique se laissera ainsi percevoir dans toute sa complexité.

La rencontre est organisée en collaboration avec la société Dante Alighieri Valais.

 

La liberté d’expression : une valeur à reconsidérer ?

avec Nathalie Maillard, docteure en philosophie, enseignante au collège de Genève.

Médiathèque de Sion, mardi 15 janvier 2019, 18h15 – 19h30.

La liberté d’expression est, dans les démocraties libérales, l’une des libertés protégées par les droits fondamentaux. Elle est la manifestation d’un principe plus général de tolérance qui de- mande à l’Etat de ne pas interférer avec les pratiques, les modes de vie et les opinions des individus tant qu’ils ne risquent pas de causer, directement ou indirectement, des torts à autrui. Ces dernières années cependant, les débats ont souvent porté sur la nécessité de limiter davantage la liberté d’expression, ceci pour deux raisons principalement.

D’une part parce que, si le principe de tolérance avait initialement pour but de garantir, au sein de sociétés pluralistes, une forme de paix sociale, il semble que ce soit la liberté d’expression qui menace aujourd’hui cette paix.

D’autre part, parce que la prolifération d’une parole non contrôlée dont la diffusion est amplifiée par Internet et les réseaux sociaux peut constituer une menace non seulement pour la réputation des individus mais pour la vérité elle-même.

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Trois utopies contemporaines

avec Francis Wolff, Professeur de philosophie à l’Ecole Normale Supérieure de Paris.

Médiathèque de Sion, mardi 30 octobre 2018, 18h15 – 19h30.

Nous avons perdu les deux repères qui permettaient autrefois de nous définir entre les dieux et les bêtes. Nous ne savons plus qui nous sommes, nous autres humains. De nouvelles utopies en naissent. D’un côté, le post-humanisme prétend nier notre animalité et faire de nous des dieux promis à l’immortalité par les vertus de la technique. D’un autre côté, l’animalisme veut faire de nous des animaux comme les autres et inviter les autres animaux à faire partie de notre communauté morale.
Alors forgeons une nouvelle utopie à notre mesure. Ne cherchons plus à nier les frontières naturelles — celles qui nous séparent des dieux ou des animaux — et défendons un humanisme conséquent, c’est-à-dire un cosmopolitisme sans frontières.

L’invention du « moi »

avec Vincent Carraud

Médiathèque de Sion, lundi 14 mai 2018, 18h15 – 19h15.

La Société Valaisanne de Philosophie accueille le philosophe Vincent Carraud, professeur d’histoire de la philosophie moderne à la Sorbonne.

L’expression « le moi » est aujourd’hui banale.
Elle est pourtant étonnante, car en principe un pronom comme « moi » n’admet pas d’article, qui en fait un substantif. « Le moi » est une invention de philosophe (Pascal), qui forge une expression inédite rendue nécessaire par la nouvelle philosophie de l’existence (Descartes). Ainsi le moi n’est-il identifiable ni à l’âme, ni à l’entendement, ni à la conscience, ni à l’individu, ni à la personne, ni même au soi. C’est pourquoi la première question qui est posée au moi n’est pas celle de savoir ce qu’il est mais celle, existentielle, de savoir qui il est.
Et elle a une histoire, dont Vincent Carraud vient nous parler.

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Modification du génome humain et nature humaine

avec Justine Clivaz,

étudiante au LCP, prix du meilleur travail de maturité en philosophie 2018.

Médiathèque de Sion, mardi 8 mai 2018, 18h15 – 19h15.

Terreur, haine, et nihilisme

avec Hélène L’Heuillet

Médiathèque de Sion, mardi 6 février 2018, 18h15 – 19h15.

L’usage de la terreur dans les différentes formes de radicalisation, jihadiste ou populiste, est l’expression d’une haine qu’on peut qualifier de « nihiliste », car elle témoigne d’une attirance pour le « rien ».

Que cherchent à détruire ceux qui disent un « non » radical, dans quelles impasses se trouvent-ils enfermés, et comment échapper aujourd’hui à la haine et à la terreur?

La question du terrorisme dépasse largement les enjeux géopolitiques pour soulever les questions de ce que parler veut dire, de la relation à l’altérité, ou encore de la possibilité d’exister comme sujet humain à l’époque contemporaine.

Hélène L’Heuillet est Maître de conférences HDR, Université de Paris – Sorbonne. Elle vient de publier « Tu haïras ton prochain comme toi-même. Les tentations radicales de la jeunesse » chez Albin Michel.
 

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